CENTRE MEDICO-PSYCHOSOCIAL POUR VICTIMES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME, DE LA TORTURE ET POUR PERSONNES EXILEES

Transmission et partage de notre expertise

 

feuille

L’immigration volontaire ou forcé (le cas de beaucoup demandeurs d’asile) représente un moment de crise, de questionnement sur soi, sur ses manières d’être ou de faire, sur l’autre et sur la vie en générale. Elle constitue une période de vie très éprouvante, difficile mais aussi importante car c’est justement à ce moment-même que certaines bases importantes des stratégies concernant la vie dans le pays d'accueil commencent à se dessiner.

En nous référant aux approches de systémique et d’ethnopsychiatrie, nous développerons l’idée que pour mieux appréhender la situation des personnes venants d’ailleurs, les apports anthropologiques (la connaissance de la culture d’origine, ses traditions, ses systèmes de parentés et de croyances, …) et sociologiques (le statut social, le sexe, venant de la ville ou de la campagne etc.) doivent être compléter par une connaissance approfondie de la situation des exilés en Belgique. Dans ce sens le paradigme de crise nous aidera justement à mieux rendre compte du ce contexte de l’immigration. La notion de crise fait directement référence à un évènement très important dans la vie de l’immigré, qui joue également un rôle fondateur dans son histoire : la rupture entre la personne et son contexte écologique de vie.

Dans cette perspective, la notion de culture spécifique au contexte d’immigration, prend également un sens particulier et se réfère en premier lieu à cette intériorité ou cette partie intériorisée de la culture via les processus de socialisation et d’enculturation, que l’on transporte d’un pays à l’autre. Avec le temps, cette part intériorisée de la culture, devient une référence souvent explicite pour les personnes de la première génération (surtout les parents), qui leur permet d’aller chercher dans ce qui se passe dans le pays d’origine, des solutions pour des problèmes qu’ils rencontrent dans le pays d’accueil.

Dans ce cadre, la culture peut être représentée (ou vue) comme une boîte à outils qui sert en premier lieu à résoudre des problèmes concrets de la vie actuelle ou future des acteurs et donc elle ne doit pas systématiquement être interprétée comme un clin d’œil vers le passé. Dans cette perspective, la culture participe activement à la mise en place de stratégies pour, d’abord, sortir de la crise et, ensuite, construire l'avenir. Etudier ces stratégies et discuter avec les participants constituent aussi un moment important de notre formation.

Cependant, pour mieux comprendre la crise que vivent ces familles après leur arrivée dans le pays d'accueil, il nous faut savoir comment elles fonctionnaient avant, dans leur pays d’origine. Pour nous, c’est une manière pour saisir pleinement le sens de cette crise. Et c’est pour comprendre le fonctionnement d’antan de ces familles que nous allons nous intéresser dans la formation à l’aspect anthropologique (spécialement les systèmes de parenté) du problème.

L’anthropologie a beaucoup à apprendre aux professionnels qui travaillent avec des personnes d’origine étrangère. Elle nous permet d’appréhender le contexte écologique au sens large dans lequel vivait la famille jadis, et aussi d’éviter de projeter notre propre vécu individuel ou familial sur leur vécu.

 

Déroulement :

Dès le début de la formation, il s’agira de croiser ce que peuvent apprendre les approches d'ethnopsychiatrie et systémique avec le vécu et la compréhension intuitive des participants de ce que les différents concepts comme la culture, la multiculturalité, les systèmes de parentés aussi bien que les phénomènes divers tels que la déculturation, la crise et la précarité sociale peuvent vouloir dire dans le contexte spécifique de l’asile et de l’immigration.

Par souci d’ordre pédagogique et dans le but de mieux appréhender la complexité de la question de l’interculturalité dans le contexte de l’immigration, nous présenterons un tableau qui prend en compte les apports de différentes approches anthropologiques, sociologiques et psychologiques, réparti selon les différents moments importants de la vie des immigrés.   

L’après-midi, nous commencerons par constituer des sous-groupes. Chaque sous-groupe discutera et choisira ensuite des situations rencontrées dans le cadre du travail et essayera de l’analyser à partir des apports théoriques et le tableau présenté le matin. (Objectif 3) Après cette exercice, chaque sous-groupe partagera ses réflexions avec les autres et les expériences des participants sera mise en écho avec celle donnée par certains cliniciens et chercheurs tout spécialement d’obédience ethnopsychiatrique et systémique. (Objectif 4) Lors de cette après-midi, nous traiterions le concept de la culture et les systèmes de parenté dans leur diversité géographique aussi bien que dans leur rapport avec la modernité.

 

Tout le long de la formation, les concepts théoriques généraux sont abordés en lien avec les situations pratiques, pour devenir des outils que les agents puissent facilement s’approprier pour les prendre en compte dans leurs interventions. Egalement, les échanges veilleront à permettre la prise de recul et l’ouverture aux différents points de vue de chacun. Pour cela, un équilibre est maintenu entre les parties ex-cathedra et interactives de la formation.

 

 Transfert :

La formation partira de, et reviendra constamment à la réalité de terrain des participants. Le formateur accompagnera les participants dans leurs propres élaborations conceptuelles de leur expérience professionnelle. Il se fera modérateur en suscitant l’interaction entre les participants, afin de constituer une forme d’intervision pour que la rencontre soit synonyme d’échange et de co-construction de savoir.

Il s’agira d’entrer en relation et de négocier avec d’autres points de vue et façons de faire, à prendre du recul et à modifier son regard sur sa pratique et celles des autres. Pour cela les formateurs partiront des points de vue des participants sur des situations qu’ils ont rencontrées, construiront avec eux un sens partagé par le groupe à ces situations, les relieront à des éléments théoriques et informatifs, et reviendront à la dimension pratique des interventions, dans un va-et-vient continu entre le concret et l’abstrait.

*****

eye

 

footer3.jpg
Exil asbl
282 Av. de la Couronne
1050 Bruxelles
Tel: +32 2 534 53 30
Fax: +32 2 534 90 16
info@exil.be

plan du site - impressum - contact