CENTRE MEDICO-PSYCHOSOCIAL POUR VICTIMES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME, DE LA TORTURE ET POUR PERSONNES EXILEES

LE CENTRE EXIL... DEPUIS PLUS DE 30 ANS

De 1976 nos jours

eyeLe Centre Exil trouve ses racines dans l’expérience du COLAT (Collectif Latino-Américain de Travail Psycho-social) fondé en 1976 par Jorge Barudy et d'autres professionnels de la santé latino-américains qui, ayant été eux-mêmes victimes de violations des Droits de l’Homme dans leurs pays d’origine, ont réussi à s’organiser, avec le soutien de professionnels européens, pour mettre leurs expériences et compétences professionnelles au service de leur communauté d’exilés.

Ainsi, ils ont  développé un programme de santé communautaire visant à prévenir et à traiter les effets de la violence organisée, les multiples violations des Droits de l’Homme perpétrés par les dictatures latino-américaines.

Depuis sa création, le COLAT a bénéficié de l’appui et du soutien académique du département de psychiatrie de la Katholieke Universiteit van Leuven, dirigé par le professeur Franz Baro.

Le projet a été, depuis ses  débuts  jusqu’en 1984,  soutenu financièrement par des institutions européennes non gouvernementales ( Brot fur die Welt, en Allemagne,  le Conseil Mondial des Eglises,  en Suisse, Entraide et Fraternité et Broederlijk Delen,  en Belgique) et par des organismes internationaux ( Le Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies, et ensuite le Fonds Volontaire des Nations Unies pour les victimes de la torture).

Parallèlement aux  activités thérapeutiques en Belgique, les professionnels du COLAT ont participé de façon active à la restauration des Droits de l’Homme et de la démocratie dans différents pays  latino-américains, ainsi qu’au soutien de l’action des différentes organisations non gouvernementales locales, qui, spécialement au Chili, en Uruguay, en Argentine et en Amérique Centrale,  travaillaient pour la défense des Droits de l’Homme et  le soutien médico-psycho-social des victimes sur place. Différents membres de l’équipe thérapeutique du COLAT ont participé à des missions clandestines à l’intérieur de ces pays pour soutenir ces combats.

Pendant 10 ans, le COLAT a publié le magazine FRANJA, revue qui regroupait des articles destinés à soutenir les combats des mouvements de défense de Droits de l’Homme en Amérique Latine et dans d’autres régions du monde,  mais aussi des articles et témoignages sur la situation des exilés en Europe. Les expériences du programme du COLAT sont compilées dans deux ouvrages en espagnol : «Así buscamos rehacernos» édité par CELADEC au Pérou en 1980, et « Psicopatologia de la tortura y del exilio » paru en 1983 en Espagne, édité par Editorial Fundamentos.

Dès 1985, le COLAT a commencé, suite aux différents événements socio-politiques à élargir ses services à d’autres communautés de réfugiés, également victimes de violations des Droits de l’Homme et qui elles aussi demandaient l'asile en Belgique.

C'est ainsi qu’en 1987,  le Centre COLAT devient le Centre EXIL (Centre médico-psycho-social pour Réfugiés et Victimes de Tortures) en ouvrant ses différents services à toutes les communautés de réfugiés et en prenant en charge de façon progressive le suivi médico-psycho-social des demandeurs d’asile et d’une partie importante des personnes déboutées de la procédure de reconnaissance du statut de réfugié.

L’équipe est constituée de professionnels de disciplines et de cultures différentes et offre ainsi aux personnes qui consultent un cadre médico-psycho-social interdisciplinaire et interculturel. Jorge Barudy, réfugié chilien et un des membres fondateurs du COLAT, est le médecin psychiatre directeur du Centre. Le professeur Franz Baro est le président de l’association EXIL. Tous les deux sont les garants historiques du cadre et du modèle thérapeutique de l’institution mais aussi de son éthique. Celle-ci se base sur la défense et le respect  de la Convention  des Droits de l’Homme et plus particulièrement en ce qui concerne la défense des droits des enfants, des droits des femmes et des droits des différents groupes minoritaires constitués par les communautés d’exilés.

Aujourd'hui les personnes victimes de violations des Droits de l’Homme qui bénéficient du Programme d’Exil sont originaires d'Afrique, d'Amérique Latine, d’Asie, du Moyen-Orient et d'Europe de l'Est. Ces personnes, en plus d’avoir connu toutes sortes de violations de leurs droits et d’avoir été victimes de situations de violence extrême, sont confrontées à une dégradation des conditions d’accueil.

En effet, la politique globale des pays européens s'est largement modifiée au cours des trente dernières années en ce qui concerne l'accueil réservé aux demandeurs d'asile. Les conditions d'accueil ne font que se dégrader, entre autres dans les domaines suivants : la procédure de reconnaissance du statut de réfugié, l'aide sociale, l'accès aux soins de santé, la scolarité...

Parallèlement, l’image sociale du demandeur d'asile s'est transformée : il y a trente ans les réfugiés originaires pour la plupart d'Amérique Latine étaient reconnus par les autorités belges comme les victimes de pouvoirs étatiques dictatoriaux ainsi que comme des combattants pour l'instauration de la démocratie. Ils étaient dès lors accueillis en Belgique grâce aux programmes directement organisés et financés par l’Etat belge dans des conditions qui pouvaient leur permettre de rencontrer des espaces d'intégration sociale.

Un des axes du programme d’Exil est de promouvoir les conditions d'accueil favorables dans la société belge. Nos expériences cliniques nous ont appris qu’un accueil solidaire est un des facteurs fondamentaux pour soutenir les ressources naturelles des victimes de violence dans leur combat, pour reconstruire leur identité ainsi que leur réseau familial et social, et ainsi dépasser les traumatismes consécutifs à la répression, l'emprisonnement, la torture, le viol, la mort des proches, … et pour finalement pouvoir construire un projet d’avenir.

La prise en charge thérapeutique dans ce contexte de souffrance est complète, les soins sont donnés par une équipe multidisciplinaire composée de médecins généralistes, de psychiatres, de psychologues, de travailleurs sociaux et d’un personnel d’accueil.
L’approche thérapeutique est invariante dans son éthique. Nonobstant, elle a été confrontée de façon permanente aux politiques locales et internationales de réglementation des flux migratoires et de la politique d’asile.

footer2.jpg
Exil asbl
282 Av. de la Couronne
1050 Bruxelles
Tel: +32 2 534 53 30
Fax: +32 2 534 90 16
info@exil.be

plan du site - impressum - contact